D’après l’un des habitants de Seyðisfjörður croisé sur la route d’Aurore Colbert, ‘‘le Nord est un endroit mystique qui offre à ton esprit les portes d’accès à la spiritualité’’. Dans ce village imprononçable des fjords islandais, Aurore a débarqué sans prévenir, est restée trois mois d’hiver et a fui à l’anglaise. Un voyage initiatique où le personnage fictif d’Aurore (la photographe Marie Mons, en fait qui se met en scène) se frotte aux rituels chamaniques du retour du jour, après cinq mois de nuit totale. Le choix du prénom est un écho à Nietzsche. Pour atteindre sa propre aurore - sa rédemption -, il faut vivre une longue obscurité. Avec ses photos enneigées et ses autoportraits contemplatifs et inquiétants, Marie Mons illustre avec talent cette nuit d’introspection.
Causette, Anna Cuxac, avril 2017
2018
Mowwgli, mars
Ouest France, février
Le Télégramme, février
Le Trégor, février
Fisheye Magazine #28, janvier - février

2017
L'intervalle, décembre
Konbini, décembre
L'œil de la photographie, décembre
Tele BM, novembre
Bruzz, septembre
La Marseillaise, août
Haute Provence Info, août
Mowwgli, août
Le littéraire, juin
De l'art helvétique contemporain, juin
les Echos, mai
Fisheye Magazine, mai
Les Inrocks, avril
L'œil de la photographie, avril
L'observatoire, avril
Causette #77, avril
Mowwgli, avril
La Nouvelle République, avril
OAI13, mars

2016
Fisheye Magazine, août
Life Framer, mai
lelitteraire.com, mai
Carnet d'art, mai
La renarde, avril

2015
La Provence, octobre




Partir c’est mourir un peu, et Marie Mons l’a pris au pied de la lettre. Et mourir c’est renaître. Pour son séjour à Seyðisfjörður en Islande, la photographe a choisi de se laisser porter par son environnement, de l’absorber et d’en restituer le golem. Elle a investi le territoire, le paysage, le village, les habitants, pour faire émaner une nouvelle identité, Aurore Colbert.

Marie Mons a passé l’hiver à Seyðisfjörður, village islandais réputé mystique, encadré par trois montagnes, et privé de soleil cinq mois durant. Au bord des fjords, entre rituels chamaniques, vie sociale et pulls locaux, elle a créé de toutes pièces, fictives et réelles, un nouvel être nourri du hasard et des signes qu’elle a bien voulu interpréter : Aurore Colbert, vrai faux monodrame dont les habitants du village sont devenus les acteurs.

OAI13, Carine Dolek, mars 2017




Naître maintenant, il suffit de le décider. Changer d’identité, il suffit de le décider.
Le 26 janvier 2016, alors qu’elle est en Islande, dans le village de Seyðisfjörður situé dans un fjord, Marie Mons, artiste plasticienne invitée, décide de devenir Aurore Colbert, et d’entrer dans une fiction se développant à la lisière du fantastique, ce dont rend compte le livre I am Aurore Colbert said Marie Mons, journal d’une métamorphose. Les tarots sont tirés, les cheveux abandonnés, la neige tombe. Le masque protège, et permet aussi toutes sortes de folies. Il est métaphysique, illusion exposant l’illusion. Androgyne, étrange, s’avance Aurore Colbert, en fourrure ou cotte de maille, maquillée telle une poupée de cire à étreindre, comme chez Hans Bellmer. Le projet est de l’ordre d’une tentation mystique : réinventer sa présence par la force de rituels volontiers magiques en un territoire où le soleil s’absente presque totalement près de la moitié de l’année. Abolir le temps, s’amuser à pervertir son jeu trop prévisible (passé/présent/futur), rebattre les cartes.
Pourquoi créer si ce n’est pour toucher à ces frontières où le divin ressemble à un feu de joie ?
La neige brûle, le ciel crépite d’escarbilles devenues étoiles, on fait une ronde. Une femme se baigne nue dans la mer glacée. On peut appeler cela une performance, ou tout simplement une intensification d’existence. Là-bas, les hommes ont les doigts tatoués de signes ésotériques, aimés des fées ou des démons de la nuit. Là-bas, pour parvenir à photographier quelque chose, il faut le flash, qui est la lumière quotidienne du village des damnés.
Extrait d’une correspondance jointe en fin de volume avec le dénommé Arnaldur : ‘‘ Souviens-toi, un vrai / bon rituel n’a pas besoin d’être documenté, j’ai déjà eu ce problème plusieurs fois et cela a des causes dans le monde spirituel. Un rituel, c’est l’instant. ’’
Une médium : ‘‘ Votre particularité, c’est sans aucun doute la maturité de votre âme, vous n’êtes pas une jeune personne d’une âme qui vient sur terre pour la première fois. Quand vous êtes de ce calibre ; vous avez le pouvoir de décider tant de choses sur votre naissance et ce que vous allez faire. Vous êtes spéciale ! ’’
Toute pierre précieuse, ou simple particule de terre, lancée dans l’univers en modifie profondément l’ordre. Aucun geste n’échappe à la totalité de ce qui existe. La créature de chiffon s’est transformée en être de chair, petite punk, anthropophage transgenre. La réalité est un saumon, la crosse d’un fusil, un champ de stalactites, une perruque. Vous vous déshabillez, entrez dans une chambre froide, vous êtes à votre tour Aurore Colbert.

L’intervalle, Fabien Ribery, décembre 2017





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